Éditorial de Avril 2020

À quelque chose, virus est bon!

Qu'il est loin ce temps où les gens, un brin agacés, haussaient les épaules en face de l'étalage du nombre de morts par le tabac :

55400 en 2015 pour les hommes

19900 en 2015 pour les femmes

Au total pratiquement 75000 en une année.

Personne, jamais, ne m'a dit : « Tu te rends compte, Simone, aujourd'hui, en France, 400 morts de plus grâce au tabac » !

Par contre, tous les jours on me dit, (au téléphone) : « 300 morts ou 400 morts, ou (etc.) c'est horrible ! »

Oui, loin ce temps :

Nombre de morts par l'alcool en 2015, hommes et femmes confondus : 41000 …

Ou encore :

au total , plus de 100 000 morts, en France, en 2015, grâce au tabac et à l'alcool

 

Le terme « grâce », placé ici, l'est par ironie, bien sûr ! 

Je me borne à ces valeurs de 2015, les statistiques officielles n'étant publiées qu'après des années de recherches et vérifications.

 

Des gens qui jetaient par terre un mégot ? Qualifiés d'inciviques ou de négligents, tout au plus. Mais en aucun cas d'empoisonneurs publics. Mais vous avez déjà vu un masque (peut-être bien tout empli de virus...au pluriel, bien sûr...) trainer au sol !? (Je me demande bien d'ailleurs, ce « qu'on en fait APRES... peut-être sont-ils, au final, draînés vers les océans, où ils atterissent dans les estomacs des phoques ou des bébés pingouins... mais trêve de dissertations oiseuses...parlons de choses plus sérieuses …) J'ai mis cela entre parenthèse, parce, qu'au vu des morts HUMAINES, il est pertinent de placer les bébés pingouins entre parenthèse – c'est évident !

 

Mais j'en reviens à ces « tueurs » un brin ringards, pour ne pas dire carrément démodés, par les temps qui courent :

 

Justement : 

A présent, attention, hein ! Etant donné que le Covid 19 tue autrement proprement, et point du tout à petit feu, tels que s'en contentaient (et s'en contentent encore) ses pâles concurrents. Ah, lui : PAN ! Et sans avertissement...alors qu'avec les assassins précédemment cités on tergiversait, on leur distribuait des sursis en veux-tu en voilà :

« Stoppez le tabac, il est encore temps » !

« Si vous arrêtez maintenant, dans 5 ans, vous aurez rattrapé vos capacités pulmonaires d'avant-tabac »

« Stoppez progressivement...les patchs, et autres « fumettes » vont vous y aider, faites-leur confiance !

« Ne buvez pas en-même temps que vous fumez, l'habitude restera »

Etc.

Alors que maintenant, on vous dit :

« Restez à 2 mètres, dans les magasins et pharmacie »

« Montrez votre autorisation ou payez direct 135 €, à vous de choisir !

Avant, la plupart disaient : « Interdire le tabac, mais on est en démocratie, tout de même ! »

Maintenant, on vous dit : « démocratie de mes deux, c'est vital, vous restez chez vous ! »

 

Et tout le monde obtempère – le français rebelle se plie – enfin – à la dictature du bon sens !

 

Comment expliquer ce changement de paradigme ? 

 

Il ne serait pas, au final, si farfelu de penser que le concept de « cigarette » n'effraye pas, mais rassure ! Un cow-boy plein d'alan, sur un paquet de blondes, cela incite à se prendre soi-même pour l'homme au sombrero. Une bouteille de whisky, sur le coin d'une table basse, accrochant le rayon de soleil qui vous pénétrera droit au cœur, tel Éros avec sa flèche, ce sont-là des critères positifs, alors que les virus, d'avance, se sont fabriqués, depuis le sida, une détestable réputation méritée de tueurs en série.

 

Et puis, un virus, on se le représente mal. Il est trop petit. Pire qu'un insecte, sûrement...Où est son dard, où sont ses mille-pattes !? En a-t-il seulement ? Possiblement, il est aussi nu, lisse et gluant qu'un ver !

 

Brpfchtkk ! 

 

La menace mystérieuse n'est-elle point la pire des menaces !?

Et puis franchement : mourir tout de suite, n'est-il pas pire que de mourir « avec sursis » !? Ah, cent mille fois pire ! 

 

Accordons-lui quand même quelque mérite, à cet horrible virus :

 

Il a permis aux gens de reconnaître certaines valeurs, un peu perdues ces temps-ci :

 

-on n'a plus trop de plaisir à présent à tapoter sur son smart : depuis qu'on est confiné, on commence à apprécier la présence des autres, et l'extrême bonheur de pouvoir parler à quelqu'un, dans la vraie vie ! Au lieu de le laisser de côté « pour s'isoler dans sa bulle »

 

-la gratuité des services commence à être appréciée, alors qu'auparavant, cela passait bien souvent pour de « la simple connerie » !

 

- On pense à acheter « parce que cela peut être utile – ou est directement nécessaire, au lieu d'acheter juste et d'abord « parce que c'est moins cher », argument-hameçon qui fait passer monsieur-tout-le-monde pour un grand spéculateur, alors qu'en fait il n'est qu'un petit (ou grand) pollueur de plus.

 

- La télé (bien que très suivie en matière d'info), commence à être « subie », alors qu'auparavant on « la faisait subir » !!

 

- On redécouvre la valeur de petits plaisirs tout simples : jeux de sociétés, ensemble avec les gosses, valeur d'une lecture, ou simplement : plaisir de se retrouver encore là, en bonne santé, chose oubliée, hélas, si souvent, bien trop souvent, en « temps ordinaire ».

-Le plaisir d'être inventif. De devenir « un peu économe », par la force, de ne pas acheter compulsivement n'importe quoi...Je ne parle pas des stocks de pâtes et de riz accumulés. Cela s'explique très bien, par un évident sens du concret et des nécessités vitales à terme J'entends par « n'importe quoi » n'importe quelle connerie, juste pour le plaisir d'acheter. Oui, le chiffre d'affaires en aura pris un coup, mais en attendant, la planète se sera réoxygénée. Au fait, vous, vous avez dû voir à la télé les photos de la terre, vue par satellite, à l'atmosphère épurée, ces derniers temps. (Merci, virus...). Au fait, on n'a pas dit de combien de survies (animales et humaines), cette pureté allait être responsable ?

- Et puis, après tout, ne serait-il pas plus simple de produire sur place notre nécessaire, au lieu de le véhiculer, en-même temps que d'invisibles ennemis, par avions et bateaux, depuis le bout du monde, ces transports lointains faisant d'une pierre plusieurs coups mortels : empoisonner notre planète inextensible, introduire dans le sérail « l'ennemi qui tue 'du dedans », et, en-même temps  l'air viciée qui tue « du dehors » ! ?

 

Oui, petit virus COVID 19, tu nous auras permis de revisionner le monde, avec « un certain recul ».

Merci quand même, en passant...

Simone

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