Éditorial de février 2019

Le Grand Débat

Chacun étant invité à s'y exprimer, pourquoi pas moi aussi , en ma qualité de Présidente de Santé-OK ?!

Hier soir, par exemple, je suis restée scotchée à l'écran par l'émission de Cyril Hanouna, dans Balance ton Post...

Notre célèbre Cyril, pour commencer, y a fait plusieurs déclarations d'amour convaincues à quelques Mamies. Alors : Ah...moi qui suis arrière grand-mère, forcément, j'ai apprécié...

 

Au départ, perso, je m'étais posé la question suivante : 

 

« Un Grand Débat, sur Balance ton post,hm ? 

Hm hm... »

 

Et finalement Cyril - il serait le 1er à m'inviter à utiliser son prénom, et délibérément même à m'appeler « Simone » - Cyril, donc, y fut parfait...Sérieux, autant qu'il fallait, comme il fallait. Finalement, je décidai qu'il ne m'agaçait pas, au contraire de Laurent Ruquier, qui me hérisse le poil à tous les coups...

 

Mais les goûts et les couleurs..

Quant à Marlène Schiappa, pour ne citer qu'elle, en tant qu'Ambassadrice gracieuse, simple, belle et gentille, avec sa voix de petite fille, Emmanuel Macron ne pouvait pas trouver mieux ! De là à dire que « tout cela fait partie des basses manœuvres politiques habituelles »? ! 

 

Des manœuvres politiques, certes...Habituelles, oui. Mais « basses », non !

 

Selon moi, le gouvernement a raison d'essayer de reprendre fermement les rênes, et cette façon de faire me semble un moyen pertinent d'y mieux parvenir.

 

Donner mon avis perso ? 

 

Je stoppais sur le coup d'1 h du mat, malgré tout l'intérêt éprouvé, car j'étais beaucoup trop fatiguée de ma journée...dommage...Mais possiblement je trouverai à revoir l'émission au complet, après-coup, bien sûr...

 

Ce fut la première fois où j'assistais à ce genre d'émission-là, réalisée avec la participation de quelques gilets jaunes, la première fois, donc, d'une façon détendue, intéressée sérieusement, et point  crispée. Je trouvais très positive la façon dont « Cyril » (les guillements pour montrer que je connais mes limites...), dont « Cyril » sut redresser la barre, mettre l'accent sur des propositions censées participer à une discussion positive, plutôt que d'attiser le feu, en encourageant – à l'instar parfois de certains journalistes tenant le haut du pavé – l'étalage des rancunes à la place de choses positives !

Quelques bonnes idées furent émises, je trouve... telles qu'entre autres suppression de la TVA sur les produits de 1ère nécessité...MAIS : remplacées par une franche surtaxation pour les produits de luxe...

Mon propos, ici, n'est pas toutefois de donner MON avis personnel sur des mesures à prendre à propos de l'économie et du pouvoir d'achat. Je ne me sens pas du tout à la hauteur pour le faire.

 

Et surtout, je le dis franchement (et courageusement!), mon idée est que le vrai problème se situe ailleurs, et bien au-delà...

 

Dans un ménage, quand un couple bat de l'aile, il trouve – inconsciemment la plupart du temps – tous les prétextes pour « se voler dans les plumes » : l'un utilise mal son argent...l'autre est un égoïste...celui-ci a trop peu d'ordre – celui-là est trop maniaque...celui-ci crie trop fort – celui-là est trop permissif – celui-ci trop catégorique – celle-là trop dans mes pattes – la liste n'est bien sûr pas exhaustive ! :

En résumé, il y a toujours « trop ou pas assez » de ceci ou de cela.

 

Notre société occidentale bat totalement de l'aile. Notre aspiration inconsciente et profonde, c'est de nous retrouver une identité, avec une résonance sur ce qu'on exprime, des vrais liens...quelque chose de quasi charnel, en fait. Une même dimension culturelle. L'homme est un animal social, tout le monde sait. Il se sent en sécurité à l'intérieur d'un groupe, avec des aspirations communes. Des signes distinctifs. Que l'on me pardonne de comparer l'homme à un animal – en fait j'adore les animaux – les trouve asmirables, à plein de points de vue, et bien supérieurs à certains hommes, et même intellectuellement parlant !!

 

Les sociétés animales obéissent à des lois quasi-immuables. Certaines sociétés de fourmis se livrent des guerres assassines. On a constaté que, au delà d'une centaine d'individu – les groupes de singes ne peuvent plus s'entendre, alors ils se battent.

 

Or, que se passent-il en ce moment en Europe ? Nos gouvernants et nos économistes préconisent l'Europe Unie, et je ne pense pas du tout que ce soit « pour s'en mettre soi-même plein les poches ». Non, il s'agit, bien au-delà, à mon avis d'un calcul honnête et logique d'économiste, pour faire pendant aux Etats-Unis, d'un côté, et à l'Asie menaçante, de l'autre...Si bien que, logiquement, on devrait voter pour cette Europe. 

Or, cette logique est contre-balancée par les faits suivants : Notre ADN a muté bien moins vite que nos progrès techniques, lesquels évoluent exponentiellement, depuis le Moyen-Age, sans demander l'avis de notre ADN, qui, lui, nous impose le comportement suivant :

 

Nous sommes rassurés en groupe connus, d'une même culture...Je me souviens comme si cétait hier des discussions entre mon époux si vivement regretté et moi-même, il y a quelques décennies de cela. Il me disait : »il n'y aura jamais d'Europe Unie »...Donc, déjà, à l'époque...

 

Je rétorquais, surprise : »Et pourquoi, alors, les Etats-Unis sont-ils parvenus à se constituer !? »

Et lui :

« Une même langue, au départ...Une même culture...tous des émigrés, venant principalement de l'Angleterre. En Europe, des pays fermés sur leur frontières, frileux. De langues différentes. Cela ne se fera jamais. »

 

Aujourd'hui, avec le Brexit, ce genre de discussion est au cœur du problème.

Hier, chez « Cyril », Mme Levasseur, gilet jaune émergeant du lot, clamait (à Emmanuel Macron) :

« Ne faites pas notre bonheur malgré nous ».

Cela laisse songeur. A propos de l'Europe, on veut faire notre bonheur, malgré nous.

Les Economistes vous diront, de plus, et par ailleurs : »il est économique de supprimer les départements, de regrouper en unités de plus en plus grandes. » Cela est contraire à notre ADN. On nous parle de racisme, souvent. Or chacun de nous est prêt de faire ami-ami avec n'importe qui d'autre, à condition d'avoir appris à mieux le connaître, de se sentir bien avec lui, en sécurité. Dans un groupe volontairement constitué. De parler un même langage, et aussi et surtout au sens figuré du terme.

Je voterai quoi, pour l'Europe ? Très franchement, je n'en sais rien ! Je suis dans la plus grande perplexité !!

Dans le temps, on s'asseyait, à la campagne, sur un banc, le soir, et on papotait. Pas toujours, seulement, des banalités. Aujourd'hui, les gens n'ont plus l'occasion de se parler de cette façon. Devant les caisses des hyper, on est debout, tout raide, sans se parler. Dans l'autobus aussi. Dans l'auto, on est souvent seul, ou presque seul. Devant la télé on ne parle pas, et devant les jeux vidéos, non plus. Les gilets jaunes, sur les ronds points, ne sont pas seuls. Ils ont même des cabanes, symbole du bon vieux temps. Et un salut de klaxons...Alors, c'est humain qu'ils soient contents. Contents de revendiquer puisque cela les unit ! Même par temps froid, cela les chauffe.

 

C'est vrai que, parfois, j'étais en colère contre ce peuple revendicatif jamais content qui s'estime malheureux alors que des gens, dans le monde, meurent vraiment de faim, au sens propre.

 

Mais il ne faut pas non plus que je néglige la nature profonde de l'être humain. Contre laquelle, en ce moment, il y a des bataillons d'ordinateurs qui établissent des courbes, des barêmes, des lois.

 

Je n'ai jamais vu tant de drapeaux français flotter dans les rues qu'en ce moment. Or, blotti derrière les smartphones, on la perd, cette identité. Mais notre ADN, lui, l'exige.

 

La France ? Je ne suis pas, ce qu'on appelle, une « patriote ». D'ailleurs le « patriotisme » n'est plus vraiment « à la mode ». Et la famille n'a plus, non plus, vraiment, la priorité. Quant à la religion, son aura n'existe plus. J'ai souvent éprouvé une impression négative envers ces termes, surtout dans ma jeunesse. Je les trouvais piégeant, encourageant à un dogmatisme systématique négligeant les nuances. Incitant à un véritable manque de réflexion.

Mais que nous reste-t-il, aujourd'hui, d'autre, que : « Le Pouvoir d'Achat », pour établir nos valeurs ?

Le Pouvoir d'Achat, la Télé, la consommation ? Et puis même la liberté de consommer de la porno à longueur de journée ?

Et quelques cabanes branlantes, sur les ronds points ? Que les services d'ordre évacueront, tôt ou tard.

En attendant, au travers des interstices formés par ces planches disparates et obstinées, de petites fumées s'élèvent vers le ciel...C'est peut-être la voix de notre ADN qui s'inscrit dans les nuages ?: 

 

« Notre bonheur, malgré nous... »...

 

 

                                                                       Simone

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