Le spasme de la glotte

02.10.2021: Réponse à Lili et Gin concernant le Spasme de la glotte

Ces spasmes arrivent sans prévenir, mais toujours sur un terrain favorable, et pas dans n’importe quelle circonstance… Naturellement, éviter tout ce qui peut être cause de chatouillements. À noter que le moindre rhume de cerveau, avec des écoulements de mucus « par l’arrière » (quand on est couché) sont susceptibles de provoquer le phénomène : à ce propos, j’ai toujours à portée de main, la nuit, certains bonbons à la menthe, lesquels me font immédiatement passer le chatouillement, et évitent donc le spasme, à condition que celui-ci n’ait pas commencé, sinon, je serais bien sûr incapable de suçoter un bonbon !

À propos de l’explication du phénomène « calmer le spasme par l’eau froide » (casserole renversée d’eau froide sur la tête), l’expérience a montré que l’eau froide calme les spasmes… vous ne perdez rien à essayer… vous verrez :ça marche ! Le côté désagréable de cette douche froide passe d’ailleurs inaperçu pour vous, vous êtes juste soulagée (en partie) d’une extrême angoisse !

À propos de la méthode de Heimlich, violente compression de la cage thoracique, en appuyant sur le sternum, à l’avant, compression effectuée par un tiers, il faut déjà que vous puissiez disposer de cette personne au bon moment – ET qu’il s’agisse d’une personne déterminée et efficace.

J’ai constaté que la glotte se contracte ainsi lorsque vous pratiquez une inspiration au moment où cette glotte doit être fermée pour cause d’avalement (en quelque sorte, la glotte bégaierait, si j’ose dire !). Lorsque vous expirez, tous vos muscles se décontractent, lorsque vous avez besoin de vous détendre, vous « soufflez », vous ne faites pas le contraire… il s’agit donc d’utiliser votre réserve d’air à l’intérieur du thorax, après l’action apaisante de la douche froide, pour souffler lentement cet air résiduel à l’extérieur : l’air passe lentement, vous sentez la glotte, timidement, en train de se débloquer, vous avez franchi le 1er pas « vers la vie normale ». Après, un certain temps, vous sentez encore les méfaits de cette crise, et vous sentez fragile, prête à réitérer la crise, puis lentement et sûrement, cela s’estompe.

À propos de médicaments à destination calmante, apaisante, décontractante, et, pour résumer, à propos de tous les médicaments qui peuvent avoir sur le système nerveux un effet avéré, dans la mesure où « l’on peut s’en passer », il faut savoir s’en passer, et ne pas les revendiquer sur son ordonnance, systématiquement. Votre médecin n’est pas un ordinateur qui va calculer au mieux le médicament à vous prescrire, en fonction d’un robot qui passerait votre corps au scanner et au tamis, en en mesurant tous les paramètres, et en dictant au médecin la meilleure manœuvre à suivre. 

Le médecin subit, pas forcément de son plein gré, cette pression extérieure du patient qui s’estime en droit de recevoir les médicaments les plus adaptés, avec le minimum d’effets secondaires les moins nocifs possibles. Dès lors, le médecin n’est plus « vraiment libre », ce qui entraîne le risque réel d’une prescription pas du tout forcément idéalement adaptée. En particulier, les médicaments agissant en particulier sur le neurologique font courir le risque d’effets secondaires plus ou moins connus ou inconnus, qui, parfois, peuvent s’avérer, à terme, « pire que le mal ». Un exemple parmi des milliers d’autres : la lévodopa est reconnue comme engendrant chez les parkinsoniens qui l’absorbent, à plus ou moins long terme, des tics rendant la vie du patient carrément invivable ! Les somnifères, par ailleurs, sont véritablement dangereux, et il n’existe en fait aucun médicament agissant notoirement sur le système nerveux, que ce soit pour l’apaiser ou le stimuler, qui soit exempt de réels dangers si absorbé d’une façon habituelle. Ne serait-ce déjà que par l’effet de dépendance du corps au principe actif. Sans compter la dépendance psychologique à l’habitude de son absorption journalière.

Conclusion :

Tout faire pour se rendre indépendant à ce propos !

Par ailleurs, toujours à propos de ces spasmes, si l’absorption d’eau ou d’un liquide les provoque, plus ou moins systématiquement, essayez de vous hydrater en mangeant plutôt qu’en buvant : il est plus facile de manger de la compote que de boire l’eau… ou d’avaler son café en y trempant les tartines.

Reste le problème de sa propre salive, effectivement, avec laquelle on risque de s’étouffer aussi. D’autant plus qu’en période d’excitation, on fabrique davantage de salive. Je me permettrais de conseiller un sport apaisant : yoga, taïchi… voire simplement des massages de bien-être, promenades systématiques… et une surveillance de son état de tension nerveuse, en œuvrant pour l’apaiser par certaines méthodes, plutôt que de se rabattre sur cette solution et ce piège de médicaments dont le rapport bénéfice-risque est loin de s’avérer toujours positif !

Je puis vous affirmer que cet état ne va pas forcément empirer. Personnellement (avec l’âge ?), cela s’est considérablement calmé… sans médicaments ou drogues d’aucune sorte. Juste en menant une vie saine et paisible : contact social suffisant. Un chien que j’aime et qui m’emmène promener tous les jours. Gym douce. Montée d’escaliers tous les jours. Montée de pentes, et descentes, tous les jours. Lecture, un peu, tous les jours. Télé : juste les soirs… mais je m’endors devant !

J’ai actuellement quasi 90 ans, et j’essaye de « tenir » le mieux possible, le plus longtemps possible. De cette façon, je pourrai me dire, au bout « du compte », que j’ai fait tout mon possible, le mieux possible…

 À vous de jouer, maintenant !

Simone (ou Tante Yvonne)

Article d'origine: Le spasme de la glotte

Tout le monde a eu l'occasion, dans sa vie, « d'avaler de travers », fâcheux moment où la glotte n'accomplit plus correctement son boulot. Lorsque cela devient habituel – inconvénient qui accable plus particulièrement les personnes âgées, voire très âgées, les médecins parlent alors de dysphagie.

Ne pas confondre avec le spasme de la glotte, qui s'installe brutalement : la glotte, dont le libre jeu, au niveau du larynx, commande la fermeture du passage pour l'air, afin, qu'au moment de déglutir, les aliments ne passent pas dans le mauvais tuyau, mais glissent dans l'oesophage au lieu de se tromper de chemin, et tombent dans la trachée, cette glotte se contracte inopportunément et se bloque en position fermée.

 

Pourquoi je vous en parle, ici ?

 

Mais parce que toutes mes petites causeries s'appuient sur « l'expérience vécue » : je ne me permettrais pas d'en parler si je ne m'appuyais que sur le vécu des autres.

 

Je puis vous garantir que ce blocage n'a rien de drôle...Renseignements pris, j'ai donc appris que cela relevait de la spasmophilie, d'un phénomène de tétanie. Dans un moment de particulière nervosité, cela peut vous arriver. Mais non seulement : j'ai remarqué que le phénomène était très favorisé par l'encombrement des voix respiratoires, lié par exemple à un rhume périodique.

 

Alors, cela se passe comment !? Il y a toujours un facteur déclenchant : par exemple un potage avec des brins de persil coupés trop petit, et « chatouillant » au passage. Ou encore des feuilles de radis hâchées et non tamisées ensuite. Ou encore : de la morve trop épaisse qui reste suspendue, non pas entre ciel et terre, mais entre pharynx et larynx (au mauvais endroit). Ou encore, simplement, votre salive que vous  avalez de travers  en dormant (rassurez-vous, cela vous réveille d'un coup!) - ou encore votre salive que vous avalez de travers sous l'effet d'une émotion – ou encore : la clim de votre voiture qui ne vous convient pas...

 

Et hop, le phénomène se déclenche...

 

Votre inspiration se bloque... un ORL m'expliqua un jour que, bien qu'étant du même ordre de contraction que l'asthme des bronches, lesquelles, en se contractant, empêchent l'expiration, le phénomène de  contraction de la glotte empêche, lui,  l'inspiration...Sans importance !? Oh que si – très important, au contraire...car cela permet d'utiliser un truc pour – partiellement –  remédier à l'étouffement...

Ce médecin m'avait rassurée (partiellement), en m'expliquant que, faute de respiration appropriée, le taux de gaz carbonique dans le sang s'élevait, et que ce taux élevé s'opposait à la tétanie...donc, que, l'un dans l'autre, en s'amplifiant, le phénomène se neutralisait en quelque sorte. Et que de flanquer, dans ces cas-là, un sac plastique sur la tête, semblerait plutôt bénéfique.

J'avoue que je n'ai jamais osé essayer, et que mon 1er réflexe est d'ouvrir la fenêtre, dans ces cas-là...

 

Mais je vais vous présenter le film du phénomène, ce sera plus clair :

 

Un peu gloutonne, je viens d'avaler de travers...je continue à petit-déjeûner, inquiète, quand-même, car je sens que, au niveau stratégique, l'irritation se prolonge...fâcheux...cela va-t-il se calmer...pas vraiment...non, pas du tout...je dispose bien de mes super-bonbons à la menthe, lesquels, en général, m'évitent de mourir étouffée, mais à nouveau leur enveloppe de cellophane s'est collé au bonbon lui-même, le stock est bon à jeter, inexploitable. Je fais un bond vers l'évier et son robinet salvateur. Je place ma tête sous l'eau froide, car je commence à suffoquer, la glotte définitivement bloquée en position fermée. Cette eau quasi glacée me fait un bien fou, je sens qu'il se passe quelque chose de bienfaisant dans mon corps, mes cheveux mouillés laissent retomber l'eau froide en pluie sur mes épaules, mais la glotte reste bloquée, encore. Je tremble violemment. Je sais qu'il faut que je me décontracte. Lors d'une leçon de gym, un jour, il y a bien longtemps, ma prof m'avait appris ceci : pour tout mouvement difficile, il faut au préalable et surtout pendant ce mouvement vous décontracter, et, pour ce faire, expirer le plus longtemps et le plus pleinement possible : « soufflez, soufflez, soufflez encore... ».

J'ai retenu la leçon : dans mes poumons, il y a de l'air résiduel. Jeforce l'expiration, lentement, autant que je peux : dans ce sens, la glotte s'entrouvre, et laisse passer. En-même temps, cet air expiré masse, au passage, ce petit organe rebelle. Alors, à bout de souffle, je tente, forcément, et bien involontairement, l'inspiration, tout comme si je me trouvais sous l'eau, en train d'inspirer  l'eau à la place de l'air. Mais c'est de l'air qui rentre. Au travers de cette petite porte, encore à moitié entrouverte, il se produit un bruit de sifflement étrange, qui me rappelle le chant du coq pendant ma coqueluche, dans mon enfance. Je suis encore entre ciel et enfer, vie et mort, sauvée et noyée...de longues secondes, je me sens inspirer, à moitié, pendant que l'air siffle étrangement en empruntant un  passage devenu un peu étroit. Mais passe, néanmoins. Je tremble, involontairement. Mais ça va passer. Heureusement, personne n'est là, pour voir.

 

La première fois où cela m'arriva, j'avais 45 ans. Je ne disposais pas encore de la technique actuelle, alors mon entourage s'affola. On me conduisit aux urgences. Pas encore aussi encombrées qu'aujourd'hui, sinon, bien sûr, je ne serais pas là pour témoigner...

 

Depuis quelques années, on dirait que l'application de l'eau froide sur la tête, doublée de cette technique d'expiration forcée, m'aide réellement à passer le cap.

 

Souvent, ces crises ? Hm, je n'ai jamais compté. Quelques unes, tous les ans, peut-être. Mais aussi des années de répit...entre temps. Facteurs favorisants ? Comme je l'ai dit déjà : certains aliments, voix respiratoires encombrées, certaines climatisation – mais aussi, situations extérieures engendrant un état d'énervement ou d'excitation particulier...

 

Si une lectrice ou un lecteur veut témoigner, et écrire un commentaire, elle (il) sera le bienvenu(e).

Commentaires

  • Lili
    • 1. Lili Le 27/09/2021
    Bonjour. J'ai 72 ans et J’ai commencé à faire deux « fausses routes » il y a deux ans, à un an de distance, en avalant simplement de l’eau. Cela ne m’était jamais arrivé encore, et j’ai cru m’étouffer, respiration bloquée, sifflement, etc. Je précise que j’étais en train de parler quand cela m’est arrivé. J’ai fini évidemment par retrouver ma respiration mais c’est épuisant dans les minutes qui suivent. Bien évidemment il ne m’est pas venu à l’idée d’aller placer ma tête sous l’eau dans un tel état d’urgence, d’autant plus que je ne comprends pas vraiment comment cette action pourrait stopper le spasme et de fait accélérer le rétablissement de la respiration. J’ai lu qu’il fallait appliquer « la manœuvre de Heimlich ». Cela tranquillise et aide à respirer plus rapidement si quelqu’un connaît ce geste et vous le prodigue.

    Avant-hier c’est en avalant simplement ma salive, au cours du repas, avec le même type d’étouffement. Tout se bloque, je ne peux plus parler, etc. Je précise encore qu’il me semble avoir eu, juste avant ce déclenchement de crise, l’impression d’avoir voulu acquiescer en cours de conversation, comme de relever la tête ou je ne sais d’autre, mais il me semble je le répète que j’ai en même temps inspiré et fait un imperceptible mouvement du cou et avalé ma salive en même temps… vraiment très difficile d’être précise évidemment, et c’est à cet instant que j’ai senti que j’allais de nouveau avoir le même type de spasme…
    Je suis inquiète car je ne suis pas certaine de trouver une réponse appropriée à ce type de spasme. Je me demande si certains opiacés contenus dans des antalgiques ne seraient pas en partie responsables, car j’en consomme régulièrement (lamaline). J’espère lire d’autres témoignages, ici, car ils sont d’une grande utilité pour chacun. Merci à tous, et courage surtout !!
  • Simone
    • 2. Simone Le 19/08/2021
    Merci de votre intérêt. En fait, avaler de travers (= dysphagie")lorsque cela devient habituel - relève du même processus, et est d'autant plus fréquent que l'on prend de l'âge. C'est bcp plus fréquent pour les liquides, cela "passe" mieux lorsqu'ils sont sucrés...mais gare au diabète...et en règle général il faut alors carrément éviter de se placer "en situation"...en particulier absorber le liquide en-même temps qu'un aliment solide (pain, gâteau...) va permettre que cela passe mieux. Dans les cas graves et persistants, il existe de l'eau parfumée, sous forme de gel...cela s'avale bien, mais il faut l'aimer...
    Bonne chance.
    Avez-vous essayé de manger, carrément, une orange, au lieu de la boire ?(Pour éviter ces étouffements très douloureux et perturbants)
  • Gin
    • 3. Gin Le 19/08/2021
    Merci pour vitre témoignage je me demandais si j’étais la seule à avoir vécu ce genre de moment très désagréable.
    Je retrouve exactement le même vécu en lisant votre
    Dans mon cas cela se produit uniquement (je crois) lorsque j’avale une quantité infime d’eau qui passe de travers. Et là, le réflexe opère et la glotte se ferme.
    Cela m’est par exemple arrivé 2 fois au mois de juin. Cela ne m’étais pas arrivé depuis longtemps.
    Je cherchais un autre moyen de me sortir de ce genre de crise en tombant sur votre article mais je vois que nous avons le même réflexe : expirer longtemps plutôt qu’inspirer qui ne sert dans ce cas à rien d’autre que de faire encore plus paniquer.